Assemblée Nationale
Sous le Gouvernement de Mr Macron, dans l'enceinte du Parlement, il y a eu plusieurs dérapages verbaux à l'encontre de Députées Femmes et Jeunes Femmes (des propos outranciers "vos attitudes hystériques" tenus par un député // des interruptions ou des commentaires quand une Députée expose, et non sur ce qu'elle dit mais sur ce qu'elle représente, soit la Femme // des rires mesquins quand une députée parle de maltraitance enfantine et qui réplique "mais messieurs, cela vous fait rire la maltraitance enfantine"). Là nous ne sommes pas dans une attitude politique mais dans une attitude machiste envers des Représentantes du peuple, élues.
Je rappelle que Mme Veil, la première femme secrétaire générale du Conseil supérieur de la magistrature puis Ministre de la Santé, défend le projet de loi pour l'IVG à la tribune et se fait huer par les hommes présents. Discours de Mme la Ministre à l'Assemblée Nationale en 1974 :
« Nous ne pouvons plus fermer les yeux sur les 300 000 avortements qui, chaque année, mutilent les femmes de ce pays, qui bafouent nos lois et qui humilient ou traumatisent celles qui y ont recours. (…) Je ne suis pas de ceux et de celles qui redoutent l’avenir. Les jeunes générations nous surprennent parfois en ce qu’elles diffèrent de nous ; nous les avons nous-mêmes élevées de façon différente de celle dont nous l’avons été. Mais cette jeunesse est courageuse, capable d’enthousiasme et de sacrifices comme les autres. Sachons lui faire confiance pour conserver à la vie sa valeur suprême. »
La représentation nationale au 21ème siècle voudrait, et en ces temps où la lutte contre les violences faites aux petites filles dont viol avec mutilations puis meurtre, aux filles et aux femmes, que des débordements sexistes-misogynes soient repris et blâmés et sanctionnés au sein même de notre Institution Républicaine.
Gisèle Halimi avocate dès 1972 défend des femmes accusées d'avortement illégal devant la cour d'Assises du Tribunal de Bobigny (aidée par des médecins dans sa démonstration)
« Monsieur le président, Messieurs du tribunal,
Je ressens avec une plénitude jamais connue à ce jour un parfait accord entre mon métier qui est de plaider, qui est de défendre, et ma condition de femme.
Je ressens donc au premier plan, au plan physique, il faut le dire, une solidarité fondamentale avec ces quatre femmes, et avec les autres.
Ce que j’essaie d’exprimer ici, c’est que je m’identifie précisément et totalement avec Mme Chevalier et avec ces trois femmes présentes à l’audience, avec ces femmes qui manifestent dans la rue, avec ces millions de femmes françaises et autres............Vous avez entendu à cette barre trois de ses signataires. J’en suis une moi-même. Trois cent quarante trois femmes (aujourd’hui, trois mille) on dénoncé le scandale de l’avortement clandestin, le scandale de la répression et le scandale de ce silence que l’on faisait sur cet avortement. Les a-t-on seulement inculpées ? Nous a-t-on seulement interrogées ? Je pense à Simone de Beauvoir, à Françoise Sagan, à Delphine Seyrig – que vous avez entendues – Jeanne Moreau, Catherine Deneuve… Dans un hebdomadaire à grand tirage, je crois, Catherine Deneuve est représentée avec la légende : « La plus jolie maman du cinéma français » ; oui certes, mais c’est aussi « la plus jolie avortée du cinéma français » !..
Savez-vous, Messieurs, que les rédacteurs du Code civil, dans leur préambule, avaient écrit ceci et c’est tout le destin de la femme : « La femme est donnée à l’homme pour qu’elle fasse des enfants… Elle est donc sa propriété comme l’arbre à fruits est celle du jardinier. » Certes, le Code civil a changé, et nous nous en réjouissons. Mais il est un point fondamental, absolument fondamental sur lequel la femme reste opprimée, et il faut, ce soir, que vous fassiez l’effort de nous comprendre.
Messieurs, il vous appartient aujourd’hui de dire que l’ère d’un monde fini commence. »
4ème vague du féminisme en 2020- Mylène Unger - Thérapeute -
"Les acquis sont dus à nos arrière grands-mère, à nos grands-mère et pour certaines à nos propres mères, aidées par des hommes déjà dans l'alterité (L'altérité est un concept d'origine philosophique signifiant « caractère de ce qui est autre » et « la reconnaissance de l'autre dans sa différence ».
Des hommes dont des jeunes trentenaires ont compris les messages et forment des couples où les échanges, les avis, les contradictions d'idées et de représentations, les "places", la sexualité-la maternité-la paternité, la formation et le travail, sont présents.
Seule réside une frange de la population machiste et misogyne dont des femmes font partie, soumises et sans conscience de leur dépendance, et qui va avec l'ancrage d'idées nationalistes voulant empêcher toute évolution de la société sinon avec l'idéologie d'extrême droite qui au-delà du racisme primaire va aussi avec la domination et l'asservissement de la femme.
La 4ème vague féministe en 2020 dont les cercles de femmes (avec tout l'intérêt porté à ces cercles par des psychanalystes femmes) acte leur amour du masculin et le désir du partage-de la complémentarité tout en restant vigilante à la préservation des acquis donnés par nos aieulles.
La 4ème vague féministe dans la compréhension des anciens mécanismes et codes de la société acte que la Femme est le Féminin et n'entend pas devenir, à n'importe quelle place dans la société dont le pouvoir, un ersatz du masculin.
La 4ème vague féministe en 2020 qui partage avec le masculin l'espace public et privé et à tous les niveaux et plans de la société pose légitimement les violences dont les meurtres de petites filles, de filles et de femmes qui on le sait sont mondiales. Cela renvoie comme pour nos aînées qui nous ont défendu dans l'enceinte des Institutions Républicaines à une lutte ouverte, sans complexe, dans la continuité, contre les violences faites aux femmes. Mme Halimi terminait sa plaidoirie "Messieurs...." parce qu'à l'époque, ce sont les hommes qui sont nommés aux fonctions de Présidents de tribunaux ; comme pour le reste, les temps ont changé. A ce jour, Nous, les Femmes, les Filles, et les Représentantes des petites filles notre très jeune génération, nous nous adressons aux femmes magistrates, aux députées, aux sénatrices, aux avocates, aux présidentes de tribunaux, aux institutrices-professeures, aux journalistes et Nous disons : "condamnation pénale de toute violence faite au Féminin". Quand nous aurons en France un 1er Ministre Femme, "une marche" que Mr Macron a manqué++++, et une 1ère Présidente de la République, l'Histoire en sera changée.
Pour les messieurs et garçons qui ont tellement peur des filles et des femmes et qui ont donc besoin de les dominer, sinon de les insulter, sinon de les frapper, Je ne peux que vous conseiller, si vous en avez le niveau, une consultation avec un psychanalyste - un travail sur votre peur de la castration "
++++ le nouveau Président des Etats-Unis a décidé de s'entourer de femmes et en a nommé plusieurs ; coup médiatique ou réel engagement pour la parité et la fin de l'obscurantisme . L'avenir nous le dira.
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